En France, les bâtiments représentent 44% de l’énergie finale consommée et 22% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Avec ce constat, l’objectif est simple : réduire considérablement les besoins énergétiques des bâtiments. Et puis nous le savons bien : l’énergie la moins chère est celle que nous ne consommons pas. Pour améliorer la performance de nos habitations, le bioclimatisme s’impose grâce à une conception réfléchie et pertinente.

Le bioclimatisme

On entend beaucoup parler des maisons bioclimatiques comme de maisons hors normes créées par des écologistes purs et durs. Pourtant, le bioclimatisme est la base d’un projet d’avenir bien conçu. Un bâtiment bioclimatique est un bâtiment en phase avec son environnement local, qui utilise les atouts du climat pour améliorer le confort des occupants. Dans un tel bâtiment, on devra maitriser le choix des matériaux, l’hygrométrie, la circulation de l’air ainsi que les apports solaires.

La nécessité évidente du bioclimatisme dans le monde du bâtiment a créé un effet de mode sur lequel tout le monde veut surfer. Certains vendront des isolations très performantes et d’autres des panneaux photovoltaïques en quantité. Mais, il n’y a pas de solution miracle, pour obtenir un projet viable il faut respecter les principes du bioclimatisme : l’implantation, l’orientation, la compacité, l’organisation des espaces, les compositions des parois, le choix des matériaux, l’utilisation d’énergies disponibles localement, etc.

Une étude thermique sérieuse préalable sera donc nécessaire. L’énergéticien et l’architecte devront travailler main dans la main dès les premiers pas du projet. Ce travail en amont est très important car on ne peut pas appliquer les mêmes recettes partout ; une maison passive dans le nord peut devenir invivable si on la construit dans le sud.

Les études thermiques et la RT2012

La dernière règlementation thermique (RT2012) a pour objectif de diminuer drastiquement la consommation d’énergie du secteur du bâtiment. Elle se décompose en trois exigences de résultats : le Bbio qui représente la performance du bâti (il vous sera demandé au dépôt de permis de construire), le Cep qui représente la consommation en énergie primaire et le Tic qui représente le confort d’été. Elle demande aussi des exigences de moyens : un recours aux énergies renouvelables pour les maisons individuelles par exemple. Même si cette réglementation n’est pas parfaite, elle permet tout de même de tirer le secteur du bâtiment vers le haut.

Cette étude peut être réalisée par un thermicien ou bien un énergéticien. Pour comprendre la nuance entre ces deux acteurs : le thermicien cherchera des solutions pour chauffer votre bâtiment alors que l’énergéticien trouvera les moyens pour consommer le moins d’énergie possible. Ce dernier travaillera en étroite relation avec l’architecte pour une conception durable de l’habitat.

La conception durable de l’habitat

Le bioclimatisme permet d’obtenir un bâtiment qui vit en phase avec son environnement, mais pour aller plus loin nous voulons aussi que sa construction, par ses matériaux utilisés, soit peut énergivore (on peut estimer à 20% la part des GES dues à la phase chantier sur la durée de vie d’un bâtiment). Aujourd’hui, ce sont les bâtiments passifs à ossature bois qui sont les plus à même de répondre à ces problématiques. La phase de conception est primordiale pour obtenir un habitat bioclimatique qui respecte l’environnement.
Les projets d’habitats durables progresseront grâce à une relation de confiance entre le maître d’ouvrage, l’architecte et l’énergéticien. Chaque projet étant différent, une réflexion très importante sera nécessaire lors de la phase de conception du bâtiment. Des outils de simulations existent pour faire varier tous les paramètres d’un projet (apports solaires, chauffage, ventilation, etc.) et ainsi estimer l’impact du bâtiment sur l’environnement et ses consommations futures.